25 juillet… 1909 – Louis Blériot traverse la Manche

A 4h41 ce matin du 25 juillet 1909 à Calais, Louis Blériot décolle à bord du Blériot XI en direction des falaises de Douvres. Il y parvient à 5h13, soit 32 minutes plus tard, et devient ainsi le premier homme à réussir une traversée de la Manche en avion !

«L’homme qui tombe»

Pour tous, il est «l’homme qui tombe». Il est vrai que depuis quatre ans, chacun des appareils élaborés par ce passionné d’aéronautique finit détruit.
Mais son acharnement aura raison de cet ingénieur de l’école centrale, fabricant de phares et accessoires automobiles en passe de devenir, à 37 ans en juillet 1909, le premier homme à traverser la Manche en avion et le premier grand industriel de l’aéronautique.

Ci-contre : Louis Blériot. ©Auteur inconnu/Bibliothèque du Congrès des États-Unis/Wikimedia Commons, Domaine public.

Un échec de plus ou de moins…

Alors que Louis Blériot se produit dans de nombreux meetings, le journal britannique Daily Mail lance le défi de traverser la Manche en avion, promettant au gagnant une somme de 25 000 francs-or. «L’homme qui tombe» se met sur les rangs, sans grande conviction. Ce surnom commence à l’affecter et il s’est brûlé le pied lors d’une de ses prestations. Sa passion l’emporte cependant sur ses doutes et l’aviateur se rend, en béquilles, au point de départ, Calais.

Au matin du 25 juillet, ses 14 mètres carrés de ferraille et de toile caoutchoutée qui composent son Blériot XI, sont extraits du hangar. Le soleil n’est pas encore levé, Blériot peaufine les derniers détails.

«Tout est prêt. Fidèle au règlement, fait attendu le lever du soleil. Leblanc m’indique que le disque est apparent au moyen d’un fanion qu’il agite sur la dune. C’est le signal. Une petite émotion s’empare de moi au moment où je prends place dans l’appareil. Que va-t-il arriver ? Irai-je jusqu’à Douvres ?            
Réflexions rapides qui ne durent pas. Je ne pense plus qu’à mon appareil, au moteur; à l’hélice. Tout est en mouvement, tout vibre. Au signal, les ouvriers lâchent l’appareil. Me voilà soulevé. […]»
(Louis Blériot, Le Matin, 26 juillet 1909)

Le Blériot XI piloté par Louis Blériot. ©Bain News Service

Quand Louis Blériot décolle, il est 4h41.
Très vite, les choses vont se compliquer : Blériot perd de vue son navire escorteur, L’Escopette. Puis, l’aiguille de sa boussole se bloque. Enfin, l’hélice du Blériot XI ralentit et l’avion perd de l’altitude. Et c’est sans compter le brouillard épais qui plane au-dessus de la mer… Blériot continue, au jugé.
Déjà bien avancé au-dessus de la Manche, le pilote est terrorisé à l’idée de tomber. Il ne sait pas nager…
Concentré plus que jamais, il s’efforce de percer la brume du regard pour apercevoir son objectif. Avançant à près de 60km/h, il ne tarde pas à discerner les falaises de Douvres. C’est l’explosion de joie.
Un journaliste du Matin, Charles Fontaine, lui a promis de lui faire signe en agitant un drapeau français pour lui indiquer où atterrir. Louis Blériot se pose non sans difficultés, secoué par de fortes turbulences.
Il est 5h13, le défi est relevé, «l’homme qui tombe» n’est pas tombé ! Il est accueilli par une foule d’admirateurs venus l’accueillir à l’arrivée de sa traversée !

Un défi qui paye

Au-delà des 25 000 francs-or, et la célébrité – pour un succès et non plus pour un échec ! – que ce vol lui confère, Louis Blériot va voir sa carrière de pilote décoller…

Après être porté en triomphe dans les rues de Paris, son avion est exposé à Londres et sera plus tard remis au Conservatoire National des Arts et Métiers.

En octobre, il se voit décerner par le gouvernement un brevet de pilote, comme à 15 autres pionniers de l’aviation. La liste des pilotes concernés étant alphabétique, Louis Blériot reçoit le brevet de pilote n°1.
L’instauration officielle du brevet de pilote interviendra le 1er janvier 1910.

En plus d’ouvrir une école de pilotage, il crée Blériot Aéronautique à Levallois, qui réunit 135 ingénieurs et ouvriers. Il y construit le Blériot XI en série. 700 modèles seront fabriqués entre 1909 et 1913 pour l’armée française, puis 800 appareils par an à la veille de la Première Guerre mondiale. Il en vend à la Russie et à la Grande-Bretagne, en plus de la France.
Blériot Aéronautique ne va pas cesser de s’agrandir.

27 ans après son exploit, le 1er août 1936, l’homme dont on pouvait à cette époque penser qu’il mourrait en vol, succombe à une crise cardiaque chez lui à Paris.
La même année, la médaille Louis Blériot est créée. Elle distingue un aviateur particulièrement méritant dans le domaine de l’aviation légère.

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