18 juillet… 1918 – Naissance de Nelson « Madiba » Mandela

Figure symbolique de la lutte contre l’Apartheid (en afrikaans, «séparation»), premier président noir d’Afrique du Sud, Prix Nobel de la Paix en 1993, Nelson Mandela naît Rolihlahla Mandela le 18 juillet 1918. S’ouvre alors devant lui une vie longue de 95 années de lutte pour l’égalité raciale…

Nelson Mandela – ©lasanta.com.ec/Flickr (CC BY 2.0)

Un royal avocat

Son arrière-grand-père paternel était Inkosi Enkhulu, c’est-à-dire roi du peuple thembu, de l’ethnie Xhosa dans le Transkei (sud-est de l’Afrique du Sud). L’un de ses fils, le grand-père de Rolihlahla, n’était pas éligible au trône. Il porte le nom de Mandela qu’il transmet à son fils, chef du village Mvezo, puis à son petit-fils…

«Rolihlahla» signifie «enlever une branche d’un arbre». Plus communément, «fauteur de troubles». L’avenir donnera raison à ses parents sur ce choix de prénom quand Mandela s’acharnera à bousculer l’ordre établi avec l’Apartheid
Le garçon, premier de la famille à recevoir une éducation occidentale, gagne son prénom anglais «Nelson» à l’école, attribué par son institutrice. «C’était une coutume chez les Africains à cette époque et elle était sans doute due au penchant anglais de notre éducation. […] Pourquoi elle m’a donné ce prénom en particulier ? Je n’en ai aucune idée.»

Après des études de droit, il devient l’un des premiers avocats noirs du pays.
Sportif, il pratique notamment la boxe. «Je passais ma colère et ma frustration sur un punching-ball plutôt que de m’en prendre à un camarade ou même à un policier», se souviendra-t-il plus tard. Une réaction sensée pour un adepte de la doctrine de non-violence prônée par Gandhi

Combattant à perpétuité

En 1943, Nelson Mandela – qui a gardé son prénom anglophone – adhère à l’ANC (Congrès National Africain), parti politique qui prône l’émancipation des populations noires du joug colonial. Mais en 1948, l’ANC voit son combat renforcé avec la mise en place d’une législation ségrégationniste, l’Apartheid.
Au début partisan de la lutte pacifiste, il organise des campagnes de désobéissance civile. Mais la répression est de plus en plus violente. A Sharpeville en 1960, des policiers tirent sur une foule en fuite, faisant 69 morts (dont femmes et enfants) et près de 180 blessés.
Suite à ce massacre, Mandela se résout finalement à prôner la lutte armée.
Le 5 août 1962, il est arrêté après plusieurs mois de clandestinité, pour avoir orchestré une campagne de sabotage à la bombe. Il est aussi accusé de comploter une invasion du pays par l’étranger, ce que Mandela dément.
Au terme du procès de Rivonia, le 12 juin 1964, avec d’autres membres de l’ANC, il est condamné à la prison à perpétuité.

A Robben Island, où il va rester 18 ans, il est le matricule 466/64. Ses conditions de détention sont abominables : une cellule minuscule, sans eau chaude, ni chauffage, ni toilettes et à peine de lumière; des travaux forcés en carrière; une maltraitance quotidienne par les gardiens, accentuée du fait de sa couleur de peau; une lettre et une visite accordées tous les six mois…
Mais loin de se décourager, Nelson Mandela fait du sport et se cultive. Il s’attache à mieux comprendre son pays, l’origine de ses divergences et les solutions pacifiques pour y remédier. Il fédère de nombreux prisonniers, et devient le détenu le plus célèbre du monde (en 1988, alors qu’il est toujours incarcéré, un concert hommage donné en l’honneur de ses 70 ans sera regardé par 600 millions de téléspectateurs dans 67 pays du monde).
Pour donner du courage à ses codétenus, il leur lit le poème intitulé Invictus (« Invaincu »)

Bien que l’Assemblée des Nations Unies déclare l’Apartheid « crime contre l’humanité » en 1971, la contestation, la répression et même la torture se poursuivent à l’extérieur. Soweto est le théâtre d’émeutes violentes le 16 juin 1976.

En 1982, Mandela est transféré à la prison de Pollsmoor, avec les autres membres de l’ANC emprisonnés.
Il en sort le 11 février 1990, acclamé et célébré dans le monde entier.

Mandela dit « Madiba »

En juillet 1991, Nelson Mandela est élu président de l’ANC.
Avec le président Sud Africain Frederick de Klerk, il va mener des négociations allant aboutir à la fin de l’Apartheid.
Les deux hommes reçoivent ensemble le Prix Nobel de la Paix en 1993.

Le 27 avril 1994 est surnommé Jour de la Liberté. La population noire soit les 3/4 de la population sud-africaine, peut voter pour la première fois.
Nelson Mandela est ainsi élu président d’Afrique du Sud à 62% des voix.
Il va consacrer ses cinq ans de mandat à «panser les plaies» de son pays, consolider la paix mais aussi lutter contre la pauvreté ou encore le SIDA…

Jusqu’à sa mort le 5 décembre 2013 à l’âge de 95 ans, Nelson Mandela est «Madiba», nom de son clan tribal, prévalant sur son nom et son prénom, selon la culture sud-africaine.
L’appeler ainsi était un signe de profond respect, entretenu encore aujourd’hui en Afrique du Sud.