15 juillet… 1099 – Le sac de Jérusalem met fin à la première croisade

Le 15 juillet 1099 s’achève la première croisade par la prise de la Ville Sainte. Les croisés, bien qu’épuisés par 4 ans de batailles et au prix d’un dernier coup de force particulièrement sanglant, sont parvenus à prendre Jérusalem aux musulmans.

Conquête de Jérusalem (1099) par Emile Signol. – ©Domaine public / Palais de Versailles

L’appel du pape Urbain II

27 novembre 1095. Devant la foule qui s’est réunie à l’occasion de sa venue dans la ville de Clermont pour la tenue d’un concile, le pape Urbain II lance un appel, dont voici une des traductions :

«Ô fils de Dieu! […] vous qui venez de profiter de la correction que Dieu vous envoie, vous allez pouvoir recevoir votre récompense en appliquant votre vaillance à une autre tâche. […] Il importe que, sans tarder, vous vous portiez au secours de vos frères qui habitent les pays d’Orient et qui déjà bien souvent ont réclamé votre aide.
En effet, comme la plupart d’entre vous le savent déjà, un peuple venu de Perse, les Turcs, a envahi leur pays. […] Ces Turcs détruisent les églises; ils saccagent le royaume de Dieu.
[…] Aussi je vous exhorte et je vous supplie – et ce n’est pas moi qui vous y exhorte, c’est le Seigneur lui-même – vous les hérauts du Christ, à persuader à tous, à quelque classe de la société qu’ils appartiennent, […] de se rendre à temps au secours des chrétiens et de repousser ce peuple néfaste loin de nos territoires…»

(Foucher de Chartres, «Historia Hierosolymitana» dans «Recueil des historiens des croisades, historiens occidentaux»)

De tous âges, de toutes classes sociales et de toutes origines, ils sont 100 000 à répondre à l’appel d’Urbain II et à quitter le pays rhénan, la Provence, l’Aquitaine, la Bourgogne ou la Lombardie.
Devant Jérusalem en juillet 1099, ils ne sont plus que quelque 1200 chevaliers et 20 000 fantassins valides, affaiblis par ce qui a précédemment tué ou découragé les autres : la fatigue, la faim, la maladie, les combats et pour les derniers, 8 mois d’enfer vécu à Antioche, repris malgré tout aux Turcs.

Pillages et massacres au nom du Christ

Peu nombreux donc pour reprendre la Ville Sainte aux musulmans, ils doivent faire preuve d’ingéniosité et construisent des tours mobiles qui leur permettront de prendre la ville d’assaut.
Dans la nuit du 14 au 15 juillet, au coeur même de la ville, c’est une véritable boucherie: les habitants de Jérusalem sont brûlés vifs, ou massacrés à l’épée. Les sanctuaires sont profanés, les trésors de la ville embarqués.
Au Saint-Sépulcre, cernés par les cadavres gisant dans des mares de sang, les croisés, en tenue blanche estampillée d’une croix rouge, chantent l’office de la Résurrection, célébrant ainsi la reprise de Jérusalem aux « infidèles »…

Les Etats latins d’Orient

De cette première croisade émergent les Etats latins d’Orient, des territoires occidentalisés et christianisés par les princes croisés :
Le premier est le comté d’Edesse par Baudouin de Boulogne en 1098 ;
Cette même année, Bohémond de Tarente crée la principauté d’Antioche ;
Vient le tour du royaume de Jérusalem, dirigé dès 1099 par Godefroy de Bouillon puis par son frère le comte d’Edesse, qui devient Baudouin Ier de Jérusalem.
3 ans plus tard, naîtra à son tour le comté de Tripoli, dirigé par Bertrand de Toulouse.

7 autres croisades succèderont à celle-ci, jusqu’en 1270.

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