14 juillet… 1790 – Fête de la Fédération au Champ de Mars

Si un défilé militaire a lieu chaque année à cette date sur les Champs-Elysées à Paris, c’est bien pour faire écho à cette célébration, inaugurée le 14 juillet 1790. La Fête de la Fédération s’inscrit alors elle-même dans la continuité de la prise de la Bastille, qui a eu lieu un an avant.

Fête de la Fédération par Jean-Baptiste Cloquet (1790) – Gallica de la Bibliothèque Nationale de France. @Domaine public/Wikimedia Commons

Le 14 juillet 1790, à midi, une décharge de canons donne à la France entière le signal de prêter le serment d’être fidèle à la nation, à la loi et au roi.
Ce serment est le même que celui prononcé juste avant par La Fayette, au nom des gardes nationales, par le président de l’Assemblée au nom des députés et des électeurs, puis par Louis XVI, Marie-Antoinette et le dauphin :

«Nous jurons de rester à jamais fidèles à la nation, à la loi et au roi, de maintenir de tout notre pouvoir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par le roi et de protéger conformément aux lois la sûreté des personnes et des propriétés, la circulation des grains et des subsistances dans l’intérieur du royaume, la prescription des contributions publiques sous quelque forme qu’elle existe, et de demeurer unis à tous les Français par les liens indissolubles de la fraternité.»

Ce serment est sans nul doute le temps fort de cette fête, suggérée par La Fayette à l’Assemblée pour célébrer la réconciliation et l’unité nationales.
Car un an avant, après la prise de la Bastille, une «Grande Peur» a agité la France. Peur que l’aristocratie se venge des révolutionnaires en recrutant des mercenaires et des brigands pour mater les paysans.
Des milices de citoyens se sont donc créées dans les villes de France, sur le modèle de la garde nationale de Paris dirigée par le marquis de La Fayette et chargée de contenir les mouvements populaires et protéger les Parisiens après le 14 juillet 1789.

Ainsi en province, des fédérations locales et régionales de gardes nationales se sont constituées et des fêtes civiques se sont organisées spontanément.
L’idée ensuite d’en organiser une à l’échelle du pays tout entier, a paru évidente.
Le maire de Paris, Jean-Sylvain Bailly suggère le 14 juillet comme date pour cette Fête de la Fédération.

Elle se déroulera sur le Champ de Mars, un terrain d’exercice au milieu des champs, qui sert à l’Ecole Militaire.
Pour accueillir 300 000 spectateurs de la France entière, de gros travaux d’aménagement démarrent le 1er juillet. 1200 ouvriers mais aussi des Parisiens venus donner un coup de main transforment le vaste terrain en un immense cirque antique, avec un arc de triomphe là où se situe aujourd’hui la Tour Eiffel. Même Louis XVI vient y porter son coup de pioche…
Il pleut des trombes mais le coeur est à la fête et à l’unité nationale.
Près de 100 000 fédérés défilent devant la foule.

Talleyrand célèbre une messe, entouré de 300 prêtres. Vient ensuite le moment de prêter serment.
La fête se poursuivra à Bastille ensuite…

De « Fête de la Fédération » à « Fête Nationale »

La célébration a lieu chaque année ensuite mais pas chaque fois sous les mêmes auspices, comme en 1791, lorsqu’elle est entachée par des événements comme la fuite manquée du roi à Varennes les 20-21 juin.
Le 14 juillet ne deviendra Fête Nationale qu’en 1880, sur proposition du député Raspail.
Elle est, depuis, une célébration de la Prise de la Bastille en 1789, autant que de la première Fête de la Fédération en 1790.

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