9 juillet… 1762 – Avènement de Catherine II, impératrice de Russie

Succédant à son mari le tsar Pierre III, renversé par un coup d’Etat le 9 juillet 1762 en sa faveur, l’impératrice Catherine II est couronnée le 22 septembre à Moscou. Son règne avisé et progressiste durant 34 ans – le plus long de l’histoire de la Russie – lui vaudra d’être surnommée «la Grande Catherine» et changera à jamais le visage du pays.

Une souveraine née

Lorsque Catherine accède au pouvoir par un coup d’Etat en juillet 1762, elle a déjà tout d’une grande souveraine.
Elle n’a rien orchestré. Des officiers de la Garde, parmi lesquels son amant Grigori Orlov, se sont chargés de renverser son mari, le tsar Pierre III, le forçant à abdiquer. En seulement 6 mois de règne, celui-ci avait déjà réussi à se rendre très impopulaire par un rapprochement excessif avec la Prusse et la volonté d’abolir le servage notamment.

Catherine II ne portait pas non plus son mari dans son coeur.
Après leur mariage en 1745, Charles Frédéric, futur Pierre III, la brutalise, la dénigre, boit dès le matin…
Toujours sans héritier 8 ans après leur mariage, la tsarine Elisabeth Ière elle-même lui trouve un amant, un officier du nom de Saltykov. Comme par magie, Catherine donne plus tard naissance au futur Paul Ier… A noter que la jeune femme gardera un plaisir certain tout au long de sa vie à prendre des amants, comme pour combler le manque d’affection qu’elle porte à sa descendance.
Elle achève de détester son mari lorsque celui-ci la place en résidence surveillée à la campagne, dès son accession au trône le 5 janvier 1762.
Ni elle donc, ni le peuple russe ne regrette Pierre III lorsqu’il meurt une semaine après son abdication, de toute évidence assassiné.

Une usurpatrice légitime

Certains ne voient en Catherine II qu’une usurpatrice : il est vrai que la souveraine n’a pas de sang russe – elle est allemande, née en Prusse – et a encore moins de sang Romanov
Une majorité voit en revanche dans cette femme de caractère la digne héritière de Pierre Ier le Grand (1682 – 1725), dont elle revendique d’ailleurs l’héritage politique.
Catherine II est couronnée le 22 septembre 1762 à Moscou. Elle assoit ainsi son autorité à l’égard des uns, l’entérine aux yeux des autres.

En accédant au trône, elle va ainsi redresser la situation du pays dans laquelle l’a laissé son mari : en 1762, la Russie enregistre un déficit de 17 millions de roubles pour 100 millions d’habitants, une grande corruption, une séries d’injustices, etc.

La grandeur de la Russie à tout prix

Catherine se fixe 3 objectifs primordiaux pour la Russie : puissance, modernisation et européanisation du pays.
En menant plusieurs guerres, elle installe la paix avec la Suède, conquiert une partie de la Pologne et assoit son favori Stanislas Poniatowski sur le trône, étend son pouvoir jusqu’à la mer Noire en annexant la Crimée, des terres caucasiennes…

Sa politique intérieure est encore plus vaste et ambitieuse :
Elle réforme l’Etat, l’administration, la justice
Elle urbanise et occidentalise la Russie : Saint Pétersbourg voit pousser de nombreux palais et monuments ; les villes de Sébastopol, Odessa, et Kherson sortent de terre…
Elle modernise l’agriculture, développe le commerce, l’industrie (lin, maroquinerie, ameublement, poterie, porcelaine…) et la construction navale.
De 98 usines n tout genre sous le règne de Pierre le Grand, la Russie passe à 3160 à la fin du règne de Catherine II.

L’impératrice s’attaque aussi à l’éducation en faisant ouvrir des écoles publiques dans toutes les villes de Russie. Elle ouvre aussi des internats pour jeunes filles.
La tsarine crée l’académie des Beaux-Arts et modernise celle de danse.

La médecine n’est pas en reste : elle fonde le premier Collège de médecine en Russie, encourage une vaccination de masse et ouvre des hôpitaux partout dans le pays.

Durant une grande partie de son règne, Catherine II utilise ses lectures (Montesquieu, Madame de Sévigné, Plutarque, Tacite…) pour régner et ne manque pas de correspondre avec les grands penseurs français des Lumières, Voltaire et Diderot notamment. L' »amie des philosophes » telle qu’on la surnomme, cessera de l’être à la Révolution française qui horrifie les souverains d’Europe, elle comprise…

Elle meurt le 17 novembre 1796, à l’âge de 67 ans. Son fils Paul Ier lui succède.


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