7 juillet… 1456 – Jeanne d’Arc est réhabilitée

Jeanne la Pucelle, brûlée vive à l’âge de 19 ans le 30 mai 1431, est réhabilitée par l’Eglise le 7 juillet 1456. Le tribunal ecclésiastique destiné à réexaminer le procès qui l’a condamnée 25 ans avant, se tient dans la ville même où elle est morte, à Rouen.

Jeanne d’Arc au sacre du roi Charles VII – Ingres. ©Tiniosart / Flickr (CC BY-NC 2.0). Non retouché.

Jeanne, vierge et pieuse

Par deux fois – une fois à la demande de Charles VII, une autre à celle de l’évêque Cauchon à son procès – Jeanne est examinée afin de vérifier que celle qui se fait appeler « la Pucelle » est bien ce qu’elle prétend être. L’anatomie ne ment pas…
Sa piété en revanche ne sera reconnue comme véritable que 25 ans après sa condamnation sur le bûcher.

Devant le tribunal ecclésiastique chargé par le pape Calixte III de réviser l’accusation prononcée contre Jeanne, des compagnons d’enfance et d’armes de la jeune fille témoignent par centaines de son dévouement et de sa foi sincères. Les juges achèvent de réhabiliter la Pucelle en déclarant le procès de 1431 «entaché de vol, calomnie, iniquité».

464 ans plus tard, le 16 mai 1920, le pape Benoit XV élève Jeanne d’Arc au rang de sainte.

Au service de Dieu et du Roi

Jeanne est née vers 1412 à Domrémy, dans une famille de paysans, nommée Darc. L’orthographe de son nom sera changée en « d’Arc » lors de l’anoblissement de Jeanne et de sa famille en décembre 1429 par Charles VII.
La jeune fille est illétrée, très pieuse.
A 13 ans, elle a une apparition de l’archange Michel, en chevalier, Sainte Marguerite et Sainte Catherine. Tous trois lui ordonnent de conduire le dauphin à Reims pour le faire sacrer, et de «bouter les Anglais hors de France». Nous sommes alors en pleine guerre de Cent Ans (1337-1453) qui oppose la dynastie des Plantagenêt à celle des Valois et, à travers elles, le royaume d’Angleterre et celui de France.
Ces voix que Jeanne entend reviennent souvent, année après année. Elle finit par leur obéir et se rend à Chinon pour rencontrer le futur Charles VII et lui faire part de la mission qui lui a été confiée par Dieu.
Le dauphin fait confiance à la jeune fille et l’invite à se joindre au convoi de soldats qui part au secours d’Orléans, assiégée par les Anglais. Jeanne d’Arc sauve la ville de l’ennemi qui bat en retraite le 8 mai 1429. Jeanne la Pucelle est dès lors surnommée la « Pucelle d’Orléans ».

Le 17 juillet, elle est aux côtés de Charles VII, lors de son sacre dans la cathédrale de Reims.

A compter de ce jour, ayant accédé au trône et fatigué de la guerre, Charles VII se désintéresse de plus en plus de Jeanne. Celle qui poursuit le combat au nom de son roi ne reçoit plus de renfort de ce dernier qui l’abandonne littéralement.
Le 24 mai 1430, elle est capturée à Compiègne par Jean de Luxembourg qui la livre aux Anglais contre 10 000 livres. Henri VI d’Angleterre la livre à son tour aux mains de la juridiction ecclésiastique.

Hérétique et relapse

L’évêque Cauchon veut la juger pour hérésie mais n’a rien de concret pour l’accuser. Il prend comme prétexte ses habits d’homme qu’elle justifie en expliquant que c’est plus pratique pour le voyage et essentiel pour combattre. Elle refuse de reprendre des habits de femme, dormant enchaînée au milieu d’hommes.
Se travestir étant un crime pour l’Inquisition, l’évêque Cauchon tient son motif d’accusation. Après 2 mois de procès, il la condamne à être brûlée sur le bûcher. Jeanne est effrayée. Elle signe un acte d’abjuration qui la sauve de la mort à condition qu’elle reporte des vêtements féminins.
Cauchon sait que cela la perdra : de retour dans sa cellule, habillée en femme, Jeanne est battue, insultée et violée. Elle ne peut que reprendre ses habits d’homme pour se défendre.
Elle sait alors que cela va la conduire tout droit au bûcher, en tant qu’hérétique et relapse.

Le 30 mai 1431, la jeune fille de 19 ans est brûlée vive en place publique.

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