4 juillet… 1934 – Décès du génie franco-polonais Marie Curie

«Chacun de nous doit travailler pour son propre perfectionnement et en même temps partager une responsabilité générale pour toute l’humanité.» A sa mort le 4 juillet 1934, Marie Curie laisse de nombreux bons mots comme ceux-ci et autant de « premières » qui contribueront, par la suite, au progrès de la science mais aussi à l’émancipation de la femme…

Portrait de Marie Curie (1867-1934), en 1903. – ©Wellcome Collections/Attribution 4.0 International (CC BY 4.0)

Une femme (més)estimée

Impossible aujourd’hui de passer à côté du nom de Marie Curie. Ne serait-ce que grâce à toutes les rues, avenues, écoles, à tous les hôpitaux, centres de recherches et autres établissements qui portent son nom !
Marie Curie doit cette célébrité à son génie mais aussi à son caractère, celui-là même qui lui a permis de s’affirmer face à une communauté de scientifiques bien machistes, sans jamais se laisser troubler.

Née Maria Sklodowska à Varsovie en 1867, la jeune femme prend très tôt goût à l’excellence et avec ça, l’habitude d’être première ou presque : première de sa promotion à la fin de ses études secondaires en 1883, première de sa promotion en licence de sciences physiques en 1893… Sa deuxième place en licence de sciences mathématiques en 1894 n’est qu’un petit accident de parcours.

Après sa rencontre avec le physicien Pierre Curie et leur mariage en 1895, Marie Curie se lance dans la recherche.
Dès 1897, elle se concentre sur l’uranium et les rayonnements que produit cet élément chimique.
Rejointe par Pierre dans ses travaux sur la radioactivité en 1898, elle oeuvre aussi avec Henri Becquerel à isoler, des roches radioactives, les éléments à l’origine du rayonnement inconnu. En raffinant du pechblende (minerai d’uranium), tous 3 découvrent ainsi 2 nouveaux éléments : le radium et le polonium (ce dernier a été nommé par Marie en hommage à sa Pologne natale).

Ces recherches font de Marie Curie la première femme à recevoir un Prix Nobel. Celui de physique, qu’elle partage avec ses deux « associés ». A noter que dans les archives du Comité Nobel, il est stipulé que la proposition transmise par l’Académie des sciences française ne contenait que les noms des 2 hommes. Seule l’intervention de Pierre Curie a permis à sa femme de partager cette reconnaissance méritée.

Ce dernier meurt accidentellement le 19 avril 1906. Bien que très affectée par cette disparition, Marie Curie le remplace dès le 1er mai à la Sorbonne où il donnait des cours. Elle devient ainsi la première femme professeur à la Sorbonne.
Le Journal ne manque d’ailleurs pas de le signaler :

« C’est […] une grande victoire féministe que nous célébrons en ce jour. Car si la femme est admise à donner l’enseignement supérieur aux étudiants des deux sexes, où sera désormais la prétendue supériorité de l’homme mâle ? En vérité, je vous le dis : le temps est proche où les femmes deviendront des êtres humains.»

1911 est une année noire pour la physicienne Un scandale nuira durablement à sa réputation : celui de l' »affaire Langevin », une liaison extra-conjugale du physicien Paul Langevin avec la veuve Marie Curie, prétendue par la presse nationaliste.
Alors qu’elle apprend que le prix Nobel de chimie lui est décerné, le comité Nobel lui déconseille de venir le chercher. Elle s’empresse évidemment de faire le contraire et le reçoit le 10 décembre à Stockholm.
Cette récompense fait de Marie la première et seule femme à ce jour à avoir reçu 2 Prix Nobel.

En 1914, Marie Curie se mobilise. Pour venir en aide aux blessés de la Première Guerre mondiale le plus efficacement possible, elle met au point des «ambulances radiologiques» très vite surnommées les «p’tites Curies». Ces véhicules s’approchent au plus près du front et permettent de déplacer les blessés a minima. Les radios effectuées sur eux dans les véhicules facilitent grandement les opérations chirurgicales qui s’en suivent.
L’utilité de la radiographie prouvée, Marie Curie transforme l’Institut du radium, créé en 1909, en école de radiologie. Beaucoup de femmes viendront y étudier…

Après la guerre, Marie Curie est une femme plus célèbre que jamais, tant pour son savoir que pour son indépendance d’esprit qui inspire. Elle s’engage aux côtés d’Albert Einstein dans la Commision internationale de coopération intellectuelle.

Une femme célébrée

Consciente que ses travaux sur les radiations produites par le radium n’y sont pas étrangers, Marie Curie contracte une leucémie radio-induite qui lui sera fatale. Elle décède le 4 juillet 1934 à Passy, en Haute-Savoie.
Ses deux filles suivront le chemin de leur mère :
Irène, qui l’a assistée dans ses travaux, reçoit à son tour le prix Nobel de chimie en 1935 avec son époux, Frédéric Joliot, pour leurs recherches sur la radioactivité artificielle.
Eve écrit Madame Curie, biographie mondialement célèbre de sa mère publiée en 1938. Son époux Henri Labouisse, directeur exécutif de l’UNICEF, reçoit le Prix Nobel de la paix en 1965 au nom de l’organisation.

Marie Curie a inspiré la littérature, le cinéma, la télévision… Elle est célébrée à travers des monuments, des musées… Elle est une rue, un hôpital, une université…
Aux côtés de 4 autres femmes, Marie Curie repose au Panthéon, avec son mari, depuis 1995.

Si la scientifique n’est que 2ème à y être entrée, après Sophie Berthelot (femme de Marcelin Berthelot), Marie Curie peut se targuer d’être la première femme à y être inhumée pour son mérite propre et non en tant que « femme de… »

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