30 juin… 1764 – Dans le Gévaudan, une «bête féroce» tue une enfant

Son nom est Jeanne Boulet. C’est une petite bergère, âgée de 14 ans seulement. Ce samedi 30 juin 1764, dans le comté du Gévaudan, l’enfant est attaquée mortellement par une «bête féroce», comme l’indique le prêtre qui l’enterre. Une série d’autres attaques par le même animal vont se succéder pendant 3 ans, sans que personne ne parvienne à l’identifier formellement.

La «bête du Gévaudan» telle que représentée dans l’imaginaire collectif – ©The Public Domain Review/Flickr. Domaine public.

Psychose !

On le sait, dans toute cette histoire, les certitudes sont minces voire inexistantes. Tant sur la nature de la « bête » que sur le nombre de ses attaques. Jeanne Boulet n’est même peut-être pas la première à avoir été tuée par l’animal.
Nul doute en revanche que la « bête » a réellement existé et qu’elle a entretenu une véritable psychose sur tout le territoire français durant 3 longues années.

Du 30 juin 1764 au 19 juin 1767, entre 88 et 124 attaques selon les sources, vont être recensées, principalement dans le Haut-Gévaudan.
Au XVIIIème siècle, le comté du Gévaudan correspond peu ou prou à l’actuelle Lozère, le canton de Saugues (Haute-Loire) en plus. C’est une contrée en altitude, isolée par son relief escarpé et ses rivières. La région, parmi les moins peuplées de France, abrite des paysans pauvres, qui luttent pour survivre entre des étés très chauds et secs et des hivers extrêmement rudes. Comme ailleurs en France, le loup n’est pas rare dans cette contrée, la population y est « habituée ».

L’attaque de Jeanne Boulet marque d’entrée les esprits par la violence caractéristique de l’agression. Les suivantes ne feront qu’alimenter la psychose, tant par les marques laissées sur les corps que par le caractère fantomatique de la bête…

En effet, si nul ne doute de son existence, personne ne parvient à expliquer comment la bête peut surgir à deux endroits très éloignés l’un de l’autre en un très court laps de temps. Et personne, parmi ceux qui lui ont survécu ou prétendent l’avoir vu, ne s’accorde à la décrire de la même façon.
Est-ce un loup ? Il y en a plein dans la région comme ailleurs en France, ce n’est pas une première pour la population qui connaît l’animal. Ce dernier n’attaque pas comme la bête, de façon aussi violente et par principe voire calcul, plus que pour manger.
Est-ce un ours ? Même chose, les habitants le connaissent déjà dans le Gévaudan et alentours.
Un félin ? Une hyène ? Un humain ? Les théories sont allées bon train à l’époque et durant ces 256 dernières années… Même celle du démon envoyé par Dieu pour punir la population, alors fervente catholique, a sérieusement été évoquée !

De la réalité au mythe

C’est ce large mystère entourant la « bête » qui en a d’ailleurs fait un fait divers plus retentissant que les autres, allant jusqu’à alimenter les conversations de la Cour de Louis XV à Versailles, et mobilisant même l’armée royale.

C’est ce même mystère qui a inspiré Christophe Gans pour son film Le Pacte des loups en 2001. Avec Samuel Le Bihan et Vincent Cassel pour interprètes principaux, il met en scène une traque sans merci de la bête dont l’identité prend in fine une forme insoupçonnée…

Quoiqu’il en soit, entre toutes les suppositions qui ont été faites en plus de 250 ans, l’histoire retient qu’un animal s’apparentant au loup sans pour autant en être un, a été tué par Jean Chastel, un local, le 19 juin 1767. Et qu’à compter de ce jour, plus aucune mort ne fut attribuée à la « bête du Gévaudan« .