28 juin… 1669 – Naissance du futur Opéra National de Paris

Le 28 juin 1669, sous forme de lettre patente* du roi Louis XIV, prend officiellement naissance une Académie de musique, connue aujourd’hui sous le nom d’Opéra National de Paris. Ce dernier a célébré ses 350 ans l’an passé.

Le Roi-Soleil au service de l’Art

On sait la passion de Louis XIV pour la danse. Une passion qui lui a d’ailleurs valu le surnom bien connu de Roi-Soleil, depuis son interprétation du rôle de l’astre dans le Ballet de la Nuit, en 1653, à l’âge de 15 ans.
C’est cette même passion qui le décide, en 1661, à fonder l’Académie Royale de la Danse.

Sa petite soeur, l’Académie de musique, lui succède 8 ans plus tard
Par lettre patente, datée du 28 juin 1669, Louis XIV accorde au poète Pierre Perrin – aussi connu sous le nom d’Abbé Perrin sans pour autant être entré dans les ordres – le privilège «pour l’établissement des Académie d’Opéra ou Représentations en Musique en Vers françois, et dans les autres villes du royaume». Bref, Perrin peut créer une académie, et cela pour une période de 12 ans.
Avec son associé, l’organiste et compositeur Robert Cambert, Perrin inaugure l’Académie en mars 1671 avec la représentation de leur création, Pomone. C’est un succès.
Très vite pourtant, les choses se gâtent : pour l’Académie qui doit vivre de ses propres recettes, les frais sont considérables et les deux autres associés de Perrin, Champeron et le marquis de Sourdéac, des escrocs notoires, achèvent de faire plier boutique. Perrin est emprisonné pour dettes et cède son privilège au premier compositeur de la Cour, Jean-Baptiste Lully.

Un nouvel « acte de naissance » est alors officiellement rédigé et signé le 13 mars 1672, par lequel Lully est nommé à la direction de la nouvelle Académie de musique, qui devient «Royale» par la même occasion.
La chose est précisée en toute simplicité par Louis XIV :

«A ces causes, bien informez de l’intelligence et grande connoissance que s’est acquis nostre cher et bien-aimé Jean-Baptiste Lully, au fait de la musique, dont il Nous a donnez et donne journellement de très-agréables preuves depuis plusieurs années qu’il s’est attaché à nostre service, qui Nous ont convié à l’honorer de la charge de surintendant et compositeur de la musique de nostre chambre ; nous avons au dit sieur Lully, permis et accordé, permettons et accordons par ces présentes signées de nostre main, d’establir une Académie Royalle de musique dans nostre bonne ville de Paris..»

L’Académie s’installe dès 1673, après la mort de Molière, au Théâtre du Palais-Royal où la troupe de l’écrivain effectuait des représentations.

L’Opéra, une difficile entreprise

Après la mort de Lully en 1687, le privilège de diriger l’Académie Royale de musique revient à son gendre Jean Nicolas de Francine. En 1704, ce dernier cède sa fonction à Pierre Guyenet, conseiller du roi. En 1728, c’est au tour d’André Cardinal Destouches. Les directeurs se succèdent jusqu’en 1749 sans réussir à rentabiliser l’entreprise. L’Académie est alors confiée par Louis XV à la ville de Paris, soit un corps public, qui en garde la responsabilité jusqu’en 1780 puis la récupère en 1790, en pleine Révolution.

Durant le XIXème siècle, au gré des incendies et des bouleversements politiques, dans une France tour à tour républicaine, impériale ou monarchiste, l’Académie connaît de grandes heures mais aussi de très sombres. Elle se déplace rue de Richelieu, puis rue Le Peletier…
Jusqu’en 1875 quand, faisant suite une volonté de Napoléon III de créer une Académie Impériale de Musique et de Danse, l’architecte Charles Garnier donne à l’Opéra (devenu National en 1870) un lieu qui lui est propre et semblable à aucun autre.
L’institution y forge dès lors le destin qu’on lui connaît.

(*) Lettre patente : écrit rendu public par le roi, par lequel il accorde un droit / un privilège.