26 juin… 1541 – Assassinat du conquistador Pizarro

Comme son cousin Hernan Cortez dix ans avant lui, Francisco Pizarro, fils de navigateur, rêve de conquêtes.
A l’instar du premier qui, de 1519 à 1521, a détruit l’Empire Aztèque et colonisé le Mexique pour le compte de Charles Quint, Pizarro souhaite à son tour conquérir les empires du Nouveau Monde. Sa soif de richesses et de pouvoir aura raison de lui le 26 juin 1541, lorsqu’il est assassiné par un autre conquistador, du nom d’Almagro el Mozo.

Portrait de Francisco Pizarro par Amable-Paul CoutanWikimedia Commons. Domaine public.

Objectif Pérou

Après deux expéditions au terme desquelles, en 1528, Pizarro et son associé Almagro découvrent le Pérou, le conquistador obtient le soutien de Charles Quint pour conquérir ce nouveau territoire.
Lorsque les deux hommes reviennent là-bas en 1531, ils sont escortés de 180 hommes et de 40 chevaux, largement nécessaires selon eux pour faire tomber l’Empire Inca.

Or, une guerre fait rage entre deux frères, Huascar et Atahualpa, depuis la mort en 1527 de leur père, l’empereur Huayna Capac.
La victoire revient finalement au deuxième en 1532, lequel devient ainsi le 13ème empereur inca.
Informé dans le même temps du débarquement d’hommes blancs, Atahualpa décide d’engager des pourparlers.

Pizarro de son côté, n’entend absolument pas composer avec le jeune empereur.
Il fait croire à ce dernier qu’il va le soutenir militairement pour achever de soumettre son frère. Crédule, Atahualpa accepte de rencontrer Pizarro et ses hommes à condition que tout le monde soit désarmé. Il en sera évidemment tout le contraire.

Dans le sillage de Cortez

Inspiré par Cortez qui avait massacré tout le monde au cours d’un rassemblement aztèque, Pizarro poste des hommes en armes tout autour du lieu de rencontre.
Lorsque l’empereur et sa suite de 30 000 personnes arrivent, bien désarmés, les soldats espagnols se ruent sur eux.
20 000 Incas sont traqués et massacrés. Atahualpa est fait prisonnier.

Sachant que son peuple lui est fidèle et lui viendra en aide, il propose 12 tonnes de métaux précieux aux Espagnols contre sa remise en liberté. Les Espagnols acceptent dépouillant ainsi la population. Une fois fait, bien sûr, ils ne libèrent pas Atahualpa. Craignant ensuite que son frère prenne le trône, l’empereur donne l’ordre de l’assassiner.

Pizarro, constatant l’influence d’Atahualpa même captif, décide d’en finir.
Un procès plus tard et malgré l’opposition de Charles Quint, Atahualpa est condamné au bûcher. Il mourra finalement étranglé – mort plus rapide – le 29 août 1533, après avoir accepté de se convertir au catholicisme.

Qui fut pris qui croyait prendre

Les conquistadors installent un pantin, Manco Capac, demi-frère d’Atahualpa, sur le trône. Après 3 ans de soumission, en 1536, ce jeune homme âgé d’une vingtaine d’années s’échappe de Cuzco, et soulève le peuple. De retour avec des milliers d’hommes à ses côtés, il assiège la capitale puis, depuis la province de Vilcabamba, lutte contre les conquistadors sans relâche. Il ne cessera qu’en 1572, quand son fils Tupac Amaru et toute sa famille seront exécutés.

Du côté des conquistadors, la mésentente sur le direction des opérations et les partages de butins se fait de plus en plus sentir. De plus en plus violents, les désaccords entre Pizarro et Almagro s’achèvent par l’exécution du deuxième par le premier, en 1538.
C’était sans compter sur la haine et le désir de vengeance d’Almagro el Mozo (= le Jeune), fils d’Almagro, qui asssassine Pizarro le 26 juin 1541, après avoir pris d’assaut le palais de Lima dans lequel il se trouvait…

Puis, Almagro le Jeune fera une deuxième victime, Manco Capac.
Il sera ensuite arrêté et exécuté pour trahison en 1542 par Vaca de Castro, envoyé par le roi d’Espagne.

Les conquêtes de Cortez et de Pizarro auront été fatales aux populations amérindiennes.
Alors que le nombre d’indigènes s’élevait à près de 80 millions au début du XVIème siècle, ils n’étaient plus que 10 millions à peine 50 ans plus tard…
Vous avez dit génocide ?