24 juin… 1859 – A Solférino, la genèse de la Croix-Rouge

L’organisation humanitaire doit son origine à Henry Dunant, homme d’affaires suisse venu au secours des blessés, tous camps confondus, à la bataille de Solférino le 24 juin 1859. Témoin de ce qui est aujourd’hui décrit dans les ouvrages comme une véritable «boucherie», le banquier n’a pas pu rester sans réagir.
De cette initiative humaniste est né le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) 4 ans après, le 17 juillet 1863, création suivie par la première Convention de Genève signée par 12 Etats le 22 août 1864.

Drapeau de la Croix-Rouge française au Centre Mermoz à Lyon – © Benoît Prieur/Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Sur le champ de bataille, l’hécatombe

La Lombardie est, depuis le 4 juin, le théâtre d’un affrontement sans pitié entre les Franco-Piémontais et les Autrichiens…
En échange de la Savoie et de Nice, Napoléon III a assuré au roi de Piémont-Sardaigne Victor-Emmanuel II, son aide pour réunifier l’Italie et son soutien militaire en cas d’agression de l’Autriche. En effet, celle-ci possède la Vénétie et la Lombardie, et assure son protectorat sur les principautés d’Italie centrale, empêchant donc toute unité.
Pour arriver à ses fins, Victor-Emmanuel II provoque l’Autriche qui réplique et oblige donc la France à réagir.

Un premier affrontement, le 4 juin à Magenta, offre une petite victoire aux français et piémontais.
Au terme de cette journée sanglante, on compte 2 000 morts.

Vingt jours plus tard, c’est à Solférino que s’affrontent de nouveau le camp franco-piémontais et le camp autrichien.
Face aux 150 000 soldats du premier, 180 000 autrichiens menés par le jeune empereur François-Joseph.
Au terme de la confrontation, c’est un carnage, devant lequel même Napoléon III ne retient pas ses larmes. 40 000 soldats (12 000 Français, 6 000 Piémontais et 22 000 Autrichiens) sont laissés sur le champ de bataille, blessés, morts ou disparus.

Témoin de cette horreur, Henry Dunant, homme d’affaires genévois de 31 ans présent sur les lieux, improvise des secours d’urgence. Il ne tient pas compte de l’appartenance des soldats à l’un ou l’autre camp.
In fine, toutes nationalités confondues, la bataille de Solférino aura fait 6 000 morts, sans qu’aucun pays ne trouve son compte : l’Autriche cède la Lombardie à la France qui la remet au Piémont-Sardaigne, lequel, faute d’obtenir également la Vénétie et l’Italie centrale, garde finalement Nice et la Savoie auxquelles la France renonce…

La Croix-Rouge en héritage

Marqué par l’issue tragique de ce conflit, Henri Dunant publie Un souvenir de Solférino dans lequel il témoigne de ce qu’il a vu et soumet deux propositions :
– la rédaction d’un traité portant sur la neutralisation des services sanitaires militaires sur le champ de bataille;
– l’institution d’une organisation permanente pour l’assistance aux blessés de guerre.

Henry Dunant crée cette dernière le 17 juillet 1863 avec quatre amis genévois. Il s’agit du Comité International de la Croix-Rouge (CICR).
Le 22 août 1864, 12 Etats (rejoints les décennies suivantes par 45 autres) s’engagent «pour l’amélioration du sort des militaires blessés dans les armées en campagne», en signant la première Convention de Genève.

161 ans après la bataille…

La Croix-Rouge n’a cessé d’évoluer en un siècle et demi.
Aujourd’hui « Mouvement International de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge« , elle comprend le CICR, mais aussi la Fédération internationale et les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Ses emblèmesla croix rouge, le croissant rouge et le cristal rouge – ont vocation à protéger les victimes, en leur garantissant un apport de soins en toute neutralité et impartialité. Ils protègent également ceux qui leur portent secours en indiquant leur appartenance au Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, et en garantissant un apport de soins conforme aux 7 principes fondateurs du mouvement :

1 mission : Humanité
3 principes de comportement : Impartialité, Neutralité & Indépendance
3 principes d’organisation : Volontariat, Unité & Universalité

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