20 juin… 1975 – Aux Etats-Unis sortent «Les Dents de la mer»

Aujourd’hui, la maquette animée du grand requin blanc qui sévit dans le film, prête à rire.
C’est sûr, depuis, le cinéma a fait du chemin en terme d’effets spéciaux.
Le réalisateur des Dents de la mer aussi d’ailleurs… Un certain Steven Spielberg, un jeune réalisateur de 27 ans inconnu à l’époque, qui cherche à percer dans le milieu du cinéma.

Il y a l’affiche bien sûr, effrayante… et il y a cette musique. Ces 2 sons, comme les battements de plus en plus rapides d’un coeur, reconnaissables entre tous et devenus cultes.

Un film inattendu à tout point de vue

Le tournage devait durer un mois, il en a fait finalement presque 4, en terminant avec 100 jours de retard.
Le budget était fixé à 2 millions de dollars, il a fini à 9.
La maquette de 1,5 tonnes du requin (faute de pouvoir en domestiquer un vrai !) à 150 000 dollars devait fonctionner, mais elle n’a cessé de couler, de rouiller, de se disloquer…

Et… ce qui au départ n’avait pour ambition que d’être une adaptation du livre de Peter Benchley tout juste efficace pour Noël, s’est révélé être un phénomène dans le monde entier !

Spielberg ou le talent incarné

L’équipe de tournage, à commencer par Spielberg, le savait d’entrée de jeu : Les Dents de la mer ne serait pas pris au sérieux, mais sûrement distrayant. C’est à force de rectifications et de changements de cap, bien souvent involontaires, que le film s’est finalement révélé bien meilleur que prévu au départ…

Là où la production avait imaginé tourner en studio, Steven Spielberg opte pour un décor naturel, l’océan. Un choix plus crédible mais qui provoque du même coup du retard dans le tournage, augmente son budget et surtout nuit au bon fonctionnement de la maquette du requin.

Qu’à cela ne tienne, Spielberg fera apparaître le grand prédateur le moins possible. Etrange pour un premier rôle… Mais qui, en étant suggéré, le rend finalement beaucoup plus menaçant et effrayant! Au point même que sa grande gueule en plastique mordant dans le bateau à la fin du film, impose le respect!

Un succès mérité

Une météo capricieuse, des réécritures de scénario nocturnes, la fatigue, les moustiques… Steven Spielberg qualifie lui-même les tournages en mer de «cauchemar». « C’était comme travailler en plein séisme.»

Achevé le 15 septembre 1974, monté et rectifié, testé pour une sortie le 20 juin 1975, le film sera le succès garanti de l’été. Quel plus beau moment de l’année en fin de compte pour présenter Les Dents de la mer que la saison estivale, quand des milliers d’Américains n’ont qu’une hâte: se baigner!

400 copies sont mises en circulation dans tout le pays. La France le découvre en janvier 1976.
470 millions de recettes sont totalisées.
Spielberg joue désormais dans la cour des grands – avant de devenir l’un des PLUS grands!

Trois autres Dents de la mer suivront, mais sans lui.
Après avoir terminé le premier, Steven Spielberg a assuré : «Mon prochain film sera tourné sur la terre ferme, sans même une séquence dans une salle de bain.»
Deux ans plus tard, il a sorti Rencontres du troisième type.