15 juin… 1969 – Pompidou président !

Elu très largement à 58,21% contre 41,79% pour Alain Poher, Georges Pompidou devient le 2ème président de la Vème République, le dimanche 15 juin 1969.
Le nouveau locataire de l’Elysée compte rester fidèle aux idées de son prédécesseur Charles de Gaulle, dont il a été le premier ministre pendant 6 ans, du 14 avril 1962 au 10 juillet 1968.

Georges Pompidou en 1969 – ©Farabola / Wikimedia Commons. Domaine public

Du professorat à la politique

Pompidou n’est pas né homme politique.
Fils d’enseignants dans le Cantal, il a lui-même embrassé la carrière de professeur de français, latin et grec entre 1935 et 1944, au lycée Saint-Charles de Marseille puis au lycée Henri IV à Paris. Pour le journal L’Express en 2018, d’anciens élèves se sont remémorés quelques souvenirs.

« En 1938, j’ai vu un jeune professeur entrer dans la classe de 2nde B du lycée Henri IV. A tout hasard, un chahut l’accueille. Pendant un long quart d’heure, l’oeil ironique et froid, il attend le silence. Puis commence son cours. Dès cette minute, M. Pompidou n’a plus jamais eu besoin de faire acte d’autorité », a confié l’un d’entre eux.

A la Libération, Pompidou a 34 ans.
C’est en mettant son talent d’écriture au service du cabinet du chef du gouvernement provisoire d’alors, Charles de Gaulle, qu’il entame sa carrière politique.
Nommé maître des requêtes au Conseil d’Etat en 1946, il intègre le cercle très restreint des proches du général de Gaulle dès 1947. En 1948 et jusqu’en 1953, il sera son chef de cabinet.

Cinq ans passés à la banque Rothschild jusqu’en 1958, et Pompidou se rapproche à nouveau de la politique.
Il retrouve De Gaulle qui le charge, en 1961 soit en pleine guerre d’Algérie, de négocier avec le FLN (Front de Libération Nationale).
Cette mission aboutit aux accords d’Evian qui mettent fin au conflit en 1962.

De Premier ministre à Président

Une nouvelle fois assuré de la confiance du général, il accepte de devenir son premier ministre, poste qu’il occupera pendant 6 ans, dès le 14 avril 1962.
Leur collaboration s’achève sur une note amère : celle de la crise de Mai 68.

Deux jours après le départ de De Gaulle, en avril 1969, Georges Pompidou se déclare candidat à la Présidentielle. Il est soutenu par le parti gaulliste UDR (Union des Démocrates pour la République). Et gagne haut la main les élections, le 15 juin, avec 11 millions de voix.

L’héritage Pompidou

Les 6 années au pouvoir de Georges Pompidou marquent la fin des Trente Glorieuses, une période économique très prospère en France, avant le choc pétrolier de 1973.
Durant ces 6 années, la croissance économique culmine à hauteur de 5-6% par an.
La France travaille et se modernise, et parallèlement la construction de l’Europe est relancée.

Sous Pompidou naît notamment le SMIC, en 1970 ; l’idée et les premiers essais du TGV, dès 1969 ; Airbus, en 1970 ; le Concorde, en 1969…
Côté arts, la France n’est pas en reste, comme en témoignent les propos du président recueillis par Le Monde le 17 octobre 1972.

« Je voudrais passionnément que Paris possède un centre culturel […] qui soit à la fois un musée et un centre de création, où les arts plastiques voisineraient avec la musique, le cinéma, les livres, la recherche audio-visuelle, etc. Le musée ne peut être que d’art moderne, puisque nous avons le Louvre. La création, évidemment, serait moderne, et évoluerait sans cesse. La bibliothèque attirerait des milliers de lecteurs qui du même coup seraient mis en contact avec les arts. »

Ainsi soit-il, cinq ans plus tard, avec l’inauguration du Centre Georges Pompidou, sur le plateau Beaubourg à Paris. Le président, mort le 2 avril 1974 à 62 ans, n’aura pas eu le temps d’admirer ce monument tel qu’il l’avait rêvé, moderne et foisonnant.